La légende d’Avras

LA LÉGENDE D’AVRAS

À tous ceux qui, à Avras, sont bien-aimés de Sunna : que l’aurore brille sur vous pour l’éternité ! Je rends d’abord grâces à ma Salvatrice au sujet de vous tous, de ce que votre foi est renommée dans le monde entier. En ce temps de ténèbres, je vous exhorte à votre tour de rendre grâces pour votre vie de bénédictions dans la cité de Sunna Elle-même. La Déesse a consacré le site de sa fondation dès le jour de l’éveil de l’homme, et d’elle fut élevé le premier grand royaume de l’humanité, un empire craint qui fit resplendir la lumière de notre race telle une torche aveuglante, surpassant même l’éclat des races aînées.

Telle fut la cité d’Avras aux temps anciens, superbe carrefour de l’Orient et de l’Occident ! Les citoyens défilaient dans ses rues étincelantes, lesquelles étaient emplies de toutes sortes de bonnes choses. Ses bibliothèques débordaient de nombreux ouvrages et en ses grands forums affluaient l’esprit et le raffinement. Son puissant gouvernement rassemblait l’ensemble des richesses de ce vaste empire. Et en son centre se dressait le Saint-Sépulcre lui-même, consacré à la Déesse du Soleil et à Son panthéon.

Avras cependant, à l’instar de toute lampe chatoyante, finit par attirer les plus vils insectes et parasites. Ses notables défaillirent sous l’influence d’abominations parmi les plus épouvantables, et finirent par adorer leur propre puissance au détriment du bien de la cité humaine. Le héros, le conquérant Gaius Dexion, avec à ses côtés sa reine sans âge venue du Sud, entra en confrontation avec le Sénat et son champion, Tibérien l’Impitoyable, et l’Empire sombra dans la guerre civile. Sunna avait détourné Son regard de ceux qui se prosternaient face aux inavouables penchants de notre race. Et au plus fort de ce conflit apparut une monstruosité qui dépassait en horreur toutes celles alors imaginées : les abjects Rois des Rats et leur infinie Marée de vermine.

Bientôt Avras fut dévorée par l’infâme pestilence, et peu après les rats, s’étant dispersés à chaque coin de l’Empire, consumaient tout sur leur passage et ramenaient les hommes à leur état primordial de misère et de servitude. Ajoutant encore à cette humiliation, les rats se proclamèrent héritiers de l’Empire, paradant et triomphant dans leur hideuse perversion des coutumes et des façons du peuple d’Avras et de ses dirigeants. De longs siècles durant, nous subîmes le joug de la vermine, et longtemps les grands autels d’Avras furent abandonnés, avant que Sunna ne revînt finalement raviver la flamme de la vigueur des hommes.

C’est sous l’aspect de la plus puissante des guerrières, telle que les rois et les princes la suivirent naturellement en tant qu’apôtres, que Sunna mena notre grande campagne contre les nombreux ennemis que nous avons récemment affrontés. Gardez toujours la mémoire du grand péril qu’a couru notre espèce, et de la menace d’annihilation qui pesa sur nous, avant que la Déesse ne menât nos armées à travers leurs lignes pour finalement rétablir Avras en tant que nôtre. Car de Sa main fut abattu l’Adversaire. Amis, n’oubliez jamais la joie de cette bonne nouvelle ! Sunna a libéré la ville sainte des hommes et des femmes, les humains résident à nouveau dans ses vastes avenues, et prient à nouveau dans le Saint-Sépulcre où repose Son épée, Sonnstahl ! Notre tâche est à présent de prêcher la bienheureuse vérité de la Déesse à tous et à toutes qui n’étaient présents pour en témoigner.